Nous avons vu précédemment que le souffle, pilier fondateur de la pratique du yoga, unit le corps au mental. Son contrôle évite la dispersion et offre au pratiquant la possibilité d'harmoniser ses mouvements d'une façon simple et naturelle.
L'acte de respirer, bien que pouvant être inconscient, est étonnamment complexe et implique de nombreux muscles qui agissent en synergie. Une connaissance minimale du corps est nécessaire car la respiration contrôlée engage des actions conscientes et dirigées.
Ces actions rendent la pratique vivante et font appel à notre capacité à structurer l'espace, à créer des images mentales.
Nous allons maintenant détailler l'anatomie de la respiration et le rôle des muscles respiratoires : le diaphragme, la sangle abdominale, les muscles intercostaux et du cou, le plancher pelvien.
Le diaphragme est LE muscle inspirateur.
En forme de coupole, il sépare la cage thoracique de la cavité abdominale. Il est constitué de tissus fibreux et musculaires. Il est plus élevé dans sa partie droite où se trouve en-dessous le foie. Il est plus bas dans sa partie gauche où, au dessus, se trouve le cœur.
Il agit comme un piston :
À l'inspiration, le diaphragme descend, presse, les viscères vers le bas et vers l'avant qui repoussent les abdominaux vers l'avant. Les abdominaux ont un tonus suffisant pour garder les viscères en place (ouf !) et suffisamment faible pour permettre le gonflement du ventre.
À l'expiration, le tonus des abdominaux est suffisant lors de la décontraction du diaphragme pour refouler les viscères vers l'arrière et vers le haut, et le diaphragme vers le haut. La pression augmente dans les poumons et l'air est expiré.
Le tonus des abdominaux augmente. Quand le diaphragme se contracte, les viscères et les abdominaux ne peuvent pas être refouler vers l'avant comme dans la respiration libre. Le diaphragme trouve un appui sur les viscères ce qui induit une expansion de la cage thoracique. La poitrine se gonfle.
C'est une respiration strictement thoracique où le « diaphragme est partiellement bloqué ». Elle est inconfortable, génère de l'essouflement. Elle peut, aussi, résulter d'un excès pondéral, d'un stress, d'une mauvaise posture ou de tensions musculaires.
La respiration contrôlée a lieu lorsque les muscles abdominaux sont contenus mais non contracturés
Le diaphragme va jouer un rôle essentiel dans la respiration libre
et dans la respiration contrôlée.
Il remplit d'autres rôles !
La compression de la cavité abdominale par le diaphragme, augmente la pression dans les veines et dynamise le retour du sang vers le cœur, le retour veineux. Ne jamais oublier :
Le nombre de contractions du diaphragme correspond au rythme respiratoire : de 60 contractions à la minute pour un nouveau-né à 12 à 20 contractions à la minute pour un adulte. Ces alternances améliorent le brassage des aliments dans l'estomac, les intestins et favorisent la digestion.
Attaché à la cage thoracique, il joue un rôle dans la morphologie. Un gauchissement de la cage provoquera une déformation du diaphragme, et réciproquement.
En synergie avec la psoas, il participe à la constitution de la colonne lombaire.
Et enfin, par les successions de pression et de dépression qu'il provoque dans les cavités abdominale et thoracique, il joue un rôle essentiel dans la solidité de la colonne vertébrale.
Ce groupe de muscles contribuent à fermer le tronc et occupent exactement l'espace entre deux côtes. Ils jouent un rôle dans la respiration et le maintien de l'intégrité de la cage thoracique.
À l'inspiration, en synergie avec les muscles du cou, les muscles intercostaux externes se contractent, élèvent les côtes et le sternum, augmentent le volume de la cage thoracique, assurent l'expansion des poumons dénués de masse musculaire et, en conséquence créent une pression négative qui assure l'entrée d'air. Ils interviennent lors d'une inspiration contrôlée/forcée ou lors d'un effort physique.
À l'expiration, les muscles intercostaux internes et intimes se contractent, la cage thoracique s'abaisse, la pression devient positive et l'air est expulsé. Ils interviennent lors d'une expiration contrôlée/forcée, d'un effort physique ou d'une détresse respiratoire.
Le large orifice situé dans la partie inférieure du bassin est refermé par un ensemble de muscles : le plancher pelvien.
Le périnée forme une coupole comme le diaphragme, mais inversée. Il supporte le poids permanent des viscères qui augmente lors de la marche, d'une course ou du simple fait de monter les escaliers.
Le périnée est en permanence sollicité. La charge peut être très élevée lors du port d'une charge, d'un éternuement, de la toux, d'un rire, de la défécation...
Il subit des contraintes et doit être préservé. Une éducation est nécessaire pour conserver un périnée fonctionnel.
On pourrait dire que le périnée est un deuxième diaphragme.
Si le premier est un muscle inspirateur, la contraction du périnée initie l'expiration. L'engagement des muscles élévateurs de l'anus, les muscles puborectaux, induit en cascade la contraction des muscles du bas des abdominaux ... la remontée du diaphragme et l'expulsion de l'air...
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Bernadette de GASQUET - Abdominaux - Arrêtez le massacre - Paris Marabout. 2009 224p.
Bernadette de GASQUET - Périnée - Arrêtez le massacre - Paris Marabout. 2006 224p.
André VAN LYSEBETH - L'encyclopédie du Yoga - Flammarion Paris 2016
Anatomie 3D - université LYON 1
kenhub.com - Plateforme pour apprendre l’anatomie
Université de Tours - Anthropotomia - Muscle oblique interne
Physiostudent - Muscle oblique interne
Wikipedia - Muscle oblique interne de l'abdomen