Révision : 25 novembre 2025
Bandha
Ligature, bandha, mudrā interne.

Technique de Bandha : Mahā Bandha

Pour une meilleure compréhension, la lecture des articles consacrés aux ligatures est conseillée :

Les bandhas (verrous ou sceaux énergétiques) font partie des fondamentaux de la pratique du Haṭha yoga car ils font le lien entre les dimensions physiques, énergétiques et mentales.

Dans le Haṭhayoga traditionnel, Mahā Bandha combine les effets physiologiques et énergétiques des trois bandhas initiaux.

Il est celui qui amène une énergie fusionnée, sublimée dans le canal central, la Suṣumṇā, et pourvoit au réveil de la kuṇḍalinī. Mahā Bandha est une pratique purement attachée à l'énergie.

Initiation à Mahā Bandha, le grand verrou.

Mahā Bandha, le grand verrou.

Les trois bandhas principaux du Haṭhayoga ne sont pas de simples contractions musculaires. Car, au delà de leurs effets physiologiques, et dans la tradition indienne, Mūla bandha, Uḍḍīyana bandha et Jālandhara bandha sont perçus comme des verrous énergétiques qui contrôlent la circulation de l'énergie et permettent aux pratiquants(es) d'accéder aux dimensions énergétiques et spirituelles profondes du yoga.

Haṭhayogapradīpikā (1)

तेन सर्वनाडीषु (सुषुम्नाव्यतिरिक्तेषु) प्राणस्य ऊर्ध्वगतिः निवर्तते । अयं महाबन्धः अवश्यमेव सिद्धिप्राप्तिम् अनुमन्यते ।

3.23 « Ceci arrête le mouvement ascendant du Prāṇa dans tous les Nāḍī (sauf Suṣumṇā). Ce Mahâbandha permet surement d’obtenir les siddhi. »

Gheraṇḍasaṁhitā (2)

तालत्रयस्य युगपत् निष्पादनं महाबन्धस्य निर्माणं भवति । अष्टसिद्धिं मोक्षं च ददाति।

3.27 « L’exécution simultanée des trois verrous constitue le Grand Bandha. Il confère les huit siddhi et la libération. »

Toujours selon la tradition, Mahā Bandha, le grand verrou, combine les effets des trois autres bandhas mais surtout dans la fusion d'Apāna vāyu et de Prāṇa vāyu amène une énergie sublimée dans le canal central, la Suṣumṇā, et pourvoit au réveil de la kuṇḍalinī, « afin de joindre l'énergie individuelle et cosmique, ou Śakti avec Śiva, ou la Prakṛti avec le Puruṣa, pour élever la conscience. A partir d'une conscience du plan physique, puis du plan vital, puis du plan mental, et au delà d'une conscience intuitive, parvenir à la conscience du surmental, et au-delà à celle du Supra mental (3). »

L'exercice qui consiste à atteindre le Samādhi - la libération ou, en sanskrit mokṣa - par l'éveil de la kuṇḍalinī est une application pratique de la philosophie du Sāṃkhya.

  • Pour nous, communs, c'est une voie d'accès inaccessible réservée à quelques "siddhi". Aujourd'hui, nous retiendrons, humblement, les effets que procurent une telle pratique : la connaisance et la maîtrise de notre énergie vitale, de la plus grossière à la plus subtile...
  • Pratique : initiation à Mahā bandha

  • Apprendre une technique essentielle.
  • Pour cette initiation, nous allons prendre l'āsana Setu bandha sarvāṅgāsana.

    À la portée de tous, de toutes, cet exercice qui utilise la posture de la table à deux pieds, est à répéter régulièrement. Petit à petit, le diaphragme va gagner en souplesse, les contractions vont se mettre se mettre en place naturellement.

    De plus Setu bandha sarvāṅgāsana, le demi-pont, a de nombreux bienfaits sur le corps. C'est une posture d'inversion qui renforce la musculature du dos et de la base, ouvre la poitrine, étire l'avant du corps et renforce la confiance en soi.

    Elle peut facilement trouver une place dans votre routine matinale.

    On aurait tort de s'en priver !

    Nous allons faire un petit essai :

    • Nous allons nous allonger sur le dos, les bras le long du corps. Le menton vers le poitrine, pour bien étirer la nuque,
    • plier les genoux. Les bouts des doigts sont en contact avec les talons,
    • les bras sont posés de chaque coté,
    • les pieds sont écartés à la largeur du bassin. Bien les pieds à plat au sol,
    • prenez une profonde INSPIRATION. Tout en pressant fortement les pieds au sol, EXPIREZ, soulevez le bassin,
    • prenez un bon appui dans vos pieds. La tête bien dans l'axe de la colonne vertébrale,
    • maintenant sur une INSPIRATION, levez les bras et posez-les, bras étirés derrière la tête,
    • amenez le souffle jusque sous les clavicules, la nuque est étirée, le menton est rentré,
    • RÉTENTION POUMONS PLEINS. Engagez la contraction du périnée. Mūla bandha. Serrez les sphincters,
    • le poids du corps qui tombe dans les épaules. Appuyer le menton. Jalandhara bandha,
    • le bassin est aligné avec le thorax, les épaules. Dans cette position EXPIRER,
    • puis descender le bassin, toujours en RÉTENTION POUMONS VIDES. Poser le bassin au sol,
    • laisser le geste de l'envol se mettre en place automatiquement Uddhiyana bandha. Mula bandha est toujours engagé,
    • relâcher l'abdomen et INSPIRER.
    • Sur une EXPIRATION, ramener les bras le long du corps.

    Recommencez deux fois. Puis, à la fin de la pratique, allongez-vous quelques instants...

  • Votre pratique va consister au fil des semaines à allonger le temps de la rétention à poumons vides, à intensifier les contractions, Mūla bandha, Uḍḍīyana bandha (uniquement). Observer les sensations d'ouverture au niveau du diaphragme, au niveau des côtes et plus largement au niveau de la poitrine.
  • Contre-indications :

    Grossesse, menstruation, maladie cardiaque ou pulmonaire, toute affection des organes abdominaux (L'apparition d'une douleur aigüe peut signaler la présence d'une affection ignorée. Arrêter l'exercice et consulter votre médecin), ulcère, hernie, hypertension. Douleurs lombaires ou cervicales.

    Bientôt publiée : Kapālabhāti avec Mahā Bandha

    Définitions, sources et liens externes

    (1) Hatha Yoga Pradīpikā - en.wikipedia.org

    Sanskrit : haṭhayogapradīpikā ou « Lumière sur le Haṭha yoga ».

    C’est un manuel classique du XVe siècle sur le Haṭha yoga, écrit par Svātmārāma, qui relie la lignée de l'enseignement à Matsyendranath des Nathas.

    Il est l'un des textes survivants les plus influents sur le , étant l'un des trois textes classiques avec le Gheranda Samhita et le Shiva Samhita.

    Mahâbandha, traduction Christian TITKOMIROFF.

    • 19) Il faut placer le talon du pied gauche contre le périnée et le pied droit sur la cuisse gauche.
    • 20) Il faut alors inspirer le Prâna et appuyer fermement le menton contre la poitrine, contracter l’anus et diriger le mental dans le Nâdî central.
    • 21) Après avoir maintenu le souffle le plus longtemps possible, il faut expirer lentement. Une fois exécuté du côté gauche, cet exercice doit être fait du côté droit.
    • 22) Toutefois certains pensent que dans cette occasion la contraction de la gorge doit être évitée et qu’il est possible de faire Jihvâbandha qui consiste à presser la langue contre les incisives.
    • 23) Ceci arrête le mouvement ascendant du Prâna dans tous les Nâdî (sauf Susumnâ). Ce Mahâbandha permet surement d’obtenir les Siddhi.
    • 24) C’est un moyen supérieur pour se libérer du lien produit par le lasso de la mort. Il provoque l’union des trois Nâdî et permet au mental d’atteindre le Keradâ (Ajnâ chakra).

    (2) Gheranda Samhita - en.wikipedia.org

    Sanskrit : gheraṇḍasaṁhitā ou « collection de Gheranda ».

    C’est un des traités les plus encyclopédiques du yoga. Quatorze manuscrits du texte sont connus. Ils ont été découverts dans une région s'étendant du Bengale au Rajasthan . La première édition a été publiée en 1933. Il s'agit probablement d'un texte de la fin du XVIIe siècle, probablement du nord-est de l'Inde, structuré comme un manuel d'enseignement basé sur un dialogue entre Gheranda et Chanda.

    Mahâbanda, La grande contraction. Traduction de Jean PAPIN

    • Appuyer la cheville du pied gauche sur le perinée et, à l'aide du pied droit, faire pression sur cette cheville énergiquement et avec soin. Faire mouvoir très lentement le talon en contractant le rectum sur le même rythme. Retenir l'énergie du souffle (prâna) en pratiquant jâlandhanrabandha. C'est ce qu'on appelle mahâbandha, la grande contraction.
    • Les effets de mahâbandha. Mahâbandha. est la meilleure des contractions. Grâce à lui on peut vaincre la vieillesse et la mort. Sa vertu est telle qu'en le pratiquant on réalise tous ses desirs.

    Bibliographie :

    (3) Ajit SARKAR - Le Yoga selon Ajit Sarkar – manuel de pratique. Vellai Thamarai, 2023 - 161 pages.

    - Boris TATZKY - Le Souffle, énergie du YOGA - Le courrier du Livre - Paris - 2021.

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